Les cigarettes illégales représentent jusqu’à la moitié du marché en Ontario et près de la moitié en Colombie-Britannique, privant les gouvernements de jusqu’à 2,75 milliards de dollars en recettes fiscales

2 novembre, 2026

5 minutes de lecture

Un nouveau rapport d’EY révèle que le crime organisé prend le contrôle du marché du tabac, tandis que les petites entreprises qui respectent les règles et les contribuables qui financent les services publics en font les frais.

OTTAWA (ONTARIO), LE 2 NOVEMBRE 2026 — Jusqu’à une cigarette sur deux vendues en Ontario et près d’une sur deux en Colombie-Britannique sont désormais illégales, selon un nouveau rapport indépendant préparé par EY Canada pour le Conseil canadien de l’industrie des dépanneurs (CCID).

Au cours des trois dernières années, le commerce illicite du tabac a privé les deux provinces et le gouvernement fédéral de recettes fiscales estimées entre 1,7 et 2,75 milliards de dollars. Pendant la même période, les vendeurs illégaux ont généré des revenus estimés entre 1,75 et 2,84 milliards de dollars.

« Le commerce illicite nous coûte à tous. En Ontario, le marché illégal pourrait maintenant être aussi important que le marché légal, et chaque vente perdue par un petit commerce respectueux des lois représente de l’argent qui n’entre pas dans les coffres des gouvernements », a déclaré Anne Kothawala, présidente et cheffe de la direction du CCID. « Les propriétaires de dépanneurs respectent toutes les règles, vérifient chaque pièce d’identité et perçoivent les taxes, mais ils se retrouvent en concurrence directe avec le crime organisé. Il ne s’agit plus seulement de tabac : les saisies comprennent maintenant aussi des produits de vapotage et des sachets de nicotine. La situation est hors de contrôle, et les gouvernements doivent agir maintenant plutôt que d’accorder un avantage concurrentiel au crime organisé. »

CE QUE RÉVÈLE LE RAPPORT

  • Jusqu’à la moitié du marché est illégale. En Ontario, jusqu’à une cigarette sur deux est désormais achetée illégalement. En Colombie-Britannique, c’est près d’une sur deux.
  • Le marché illégal en Colombie-Britannique a progressé chaque année. Sa part est passée de 21 à 36 % du marché en 2023 à 25 à 39 % en 2024, puis à 33 à 46 % en 2025.
  • En Ontario, le marché illégal pourrait maintenant être aussi important que le marché légal. Le tabac de contrebande représentait entre 42 et 53 % du marché en 2025, comparativement à 34 à 46 % en 2023.
  • Les ventes légales sont en chute libre. Depuis 2019, les ventes de cigarettes légales et taxées ont diminué de 46 % en Ontario et de 59 % en Colombie-Britannique.
  • Le prix est un facteur déterminant. Une cartouche légale coûte environ 160 $ en Ontario et 193 $ en Colombie-Britannique. Les vendeurs illégaux et les détaillants en ligne proposent des cartouches à partir de seulement 35 à 40 $.

CHAQUE VENTE ILLÉGALE REPRÉSENTE DES RECETTES FISCALES QUE LES GOUVERNEMENTS NE PERÇOIVENT PAS

De 2023 à 2025 :

  • Provinces : La Colombie-Britannique et l’Ontario ont perdu ensemble entre 901 millions et 1,48 milliard de dollars en taxes provinciales sur le tabac, dont jusqu’à 1,08 milliard de dollars en Ontario et jusqu’à 400 millions de dollars en Colombie-Britannique.
  • Gouvernement fédéral : Ottawa a perdu 788 millions à 1,27 milliard de dollars supplémentaires en droits d’accise sur les cigarettes dans les deux provinces.
  • Au total : Les pertes atteignent entre 1,7 et 2,75 milliards de dollars, dont jusqu’à 1,05 milliard de dollars pour la seule année 2024.
  • Le crime organisé en tire profit : Les vendeurs illégaux ont généré des revenus estimés entre 567 et 894 millions de dollars en 2025 seulement. Selon la GRC et d’autres organismes d’application de la loi, ces revenus sont réinvestis dans des activités criminelles organisées, notamment le trafic de drogues, y compris le fentanyl, et la contrebande d’armes à feu dans les collectivités canadiennes.

LES PETITES ENTREPRISES ET LES CONTRIBUABLES EN FONT LES FRAIS

Les plus de 21 200 dépanneurs du Canada emploient plus de 182 000 personnes, et en moyenne, 1,5 dépanneur a fermé ses portes chaque jour l’an dernier. Chaque vente illégale représente un client perdu au profit d’un vendeur criminel qui ne paie aucune taxe, ne vérifie aucune pièce d’identité et ne respecte aucune règle.

Les dépanneurs comptent parmi les détaillants les plus responsables au Canada lorsqu’il s’agit de vendre des produits soumis à des restrictions d’âge. Ils réussissent les inspections de Santé Canada portant sur les produits de vapotage dans 99 % des cas, comparativement à 43 % pour les boutiques spécialisées en vapotage.

« Le gouvernement fédéral a mis en place des outils importants pour lutter contre la contrebande de tabac, notamment la nouvelle Agence des crimes financiers et la Stratégie nationale antifraude », a déclaré Mme Kothawala. « Il est maintenant temps de mettre ces outils à profit. Il faut donner aux forces de l’ordre les ressources nécessaires pour intervenir, suivre la trace de l’argent et fermer les sites Web et les comptes de paiement qui permettent à ce commerce de prospérer. Agir maintenant, c’est protéger les recettes publiques, éloigner les produits illégaux des jeunes et soutenir les petites entreprises qui respectent les règles. »

LE CCID DEMANDE DES MESURES CONCRÈTES

Afin de couper les sources de financement du commerce illégal du tabac, le CCID demande aux gouvernements fédéral et provinciaux de prendre les mesures suivantes :

  • Mobiliser la nouvelle Agence des crimes financiers : Donner à l’Agence un mandat officiel pour s’attaquer aux sources de financement du commerce illégal du tabac et de la nicotine, et intégrer des mesures précises à la Stratégie nationale antifraude afin de faire fermer les sites Web et les publicités en ligne des vendeurs illégaux.
  • Donner aux forces de l’ordre les ressources nécessaires pour intervenir : Augmenter considérablement le financement de l’Équipe spéciale de la GRC chargée de lutter contre la contrebande du tabac, dont le budget de base est gelé à un maigre 3 millions de dollars par année depuis 2008.
  • Mettre fin aux vitrines de vente en ligne et aux paiements : Exiger des moteurs de recherche et des plateformes de médias sociaux qu’ils repèrent et bloquent les vendeurs illégaux, et demander aux banques et aux processeurs de paiement sous réglementation fédérale de fermer leurs comptes.
  • Offrir aux adultes une option légale au comptoir : Permettre à nouveau aux dépanneurs titulaires d’un permis de vendre des produits autorisés de réduction des méfaits, comme les sachets de nicotine. Les dépanneurs réussissent plus de 99 % des vérifications de conformité portant sur la vérification de l’âge. La vente de ces produits derrière leur comptoir permet donc de les tenir hors de portée des jeunes et d’éviter que les adultes se tournent vers le marché en ligne non réglementé.

Le rapport Contraband Tobacco in British Columbia and Ontario: 2023–2025 (en anglais) est disponible ici.

À PROPOS DU CONSEIL CANADIEN DE L’INDUSTRIE DES DÉPANNEURS (CCID)
Le Conseil canadien de l’industrie des dépanneurs (CCID) est une association nationale sans but lucratif qui représente l’industrie canadienne des dépanneurs. Les détaillants de dépanneurs exploitent plus de 21 200 établissements partout au Canada, emploient plus de 182 000 personnes et génèrent une activité économique annuelle de 53,4 milliards de dollars.

Demandes des médias :
Jeff Brownlee, vice-président, Communications et relations avec les parties prenantes
(613) 795-7454
[email protected]

Partager :

Obtenez votre certification. Vendez de façon responsable.

Assurez-vous que vos employés soient certifiés pour vendre des produits soumis à une limite d’âge de façon responsable, grâce au cours Ta Carte STP.

Autres communiqués de presse

Le Conseil canadien de l’industrie des dépanneurs (CCID), qui représente plus de 21 000 établissements et 186 000 travailleurs partout au pays, salue la rapidité avec laquelle les députés et...

Toronto, Ontario – Déclaration d’Anne Kothawala, présidente et chef de la direction du Conseil canadien de l’industrie des dépanneurs (CCID), concernant la prolongation de l’allègement de la taxe d’accise fédérale...